Les joueurs qui arrivaient à ma table avec une méthode avaient tous déjà gagné avec. Sur le papier, dans leur tête, ou le samedi précédent. Ce qu'ils n'avaient jamais fait, c'est la jouer mille fois de suite pour voir ce qu'elle donne en moyenne, parce que personne n'a mille soirées devant soi. Le simulateur ci-dessus les a.
Il joue la roulette exactement comme la table la joue : 37 cases, ou 38, une bille sans mémoire, un maximum de mise, et votre bankroll qui monte et descend tour après tour. Vous choisissez la stratégie, la mise, la durée, et vous regardez la courbe. Puis vous appuyez sur « Comparer les huit », et il rejoue mille soirées pour chacune des stratégies de la page sur les stratégies de roulette, avec vos réglages. Cette page explique comment le lire, et ce que cent mille soirées m'ont montré.
Ce que le simulateur fait, et ce qu'il ne fait pas
Il fait tourner une roulette honnête. Chaque tour est un tirage indépendant parmi 37 cases (européenne et française) ou 38 (américaine), avec les mêmes probabilités qu'au casino, décrites dans les probabilités de la roulette. Il applique les règles de la roulette telles qu'elles sont, dont le partage sur les chances simples de la roulette française : quand le zéro sort, vous récupérez la moitié de la mise. Et il respecte le maximum de table : quand une progression demande une mise que la table refuse, ou que votre solde ne couvre pas, la progression est perdue et repart à la mise de base. C'est ce que la vraie table ferait.
Il ne fait pas deux choses. Il ne prédit rien : la graine change à chaque « Rejouer », et deux lancements identiques donnent deux soirées différentes, comme deux vraies soirées. Et il ne vous fait pas gagner : aucun réglage ne rend l'espérance positive, et c'est tout l'intérêt de pouvoir essayer.
Une ligne, en bas du panneau, ne change jamais de forme : « vous avez fait tourner X €, le casino en garde en moyenne 2,7 % ». Tout ce que les stratégies peuvent faire, c'est changer X. J'y reviens, c'est la seule chose à retenir.
Les huit stratégies, telles que le simulateur les joue
Chaque stratégie est codée avec ses règles habituelles, sans variante exotique. Toutes jouent une chance simple (rouge, noir, pair, impair, manque, passe), sauf la dernière.
| Stratégie | Après une perte | Après un gain | Mise la plus haute, à 5 € de base et 500 € de maximum |
|---|---|---|---|
| Mise plate | même mise | même mise | 5 € |
| Martingale | mise × 2 | retour à la base | 320 € (7 doublements) |
| Grande martingale | mise × 2 + base | retour à la base | 315 € (6 étapes) |
| Paroli | retour à la base | mise × 2, encaisse après trois gains | 20 € |
| D'Alembert | mise + base | mise − base | 500 € (99 pertes nettes) |
| Fibonacci | cran suivant de la suite 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13… | deux crans en arrière | 445 € (89 × 5) |
| Labouchère | la mise perdue s'ajoute au bout de la ligne | les deux extrémités sont rayées | 500 € |
| James Bond | mise fixe : 14 unités sur la passe, 5 sur le sixain 13-18, 1 sur le zéro | même mise | 100 € par tour, toujours |
La colonne de droite est celle que personne ne regarde avant de s'asseoir, et c'est celle qui décide de la soirée. Une martingale à 5 € vous demandera un jour de poser 320 € pour en gagner 5. Un Fibonacci à 5 € finit à 445 €. Le Paroli, lui, ne dépasse jamais 20 €, et c'est pour ça que c'est la seule progression dont je dis du bien : il ne risque que l'argent que la table vient de vous donner.
100 000 soirées pour chaque stratégie
Voici ce que donnent les réglages par défaut du simulateur, 5 € de mise de base, 200 € de bankroll, 500 € de maximum de table, 150 tours sur une roulette européenne, soit trois heures à cinquante tours par heure, rejoués 100 000 fois pour chaque stratégie. « Ruinée » veut dire que le solde ne permettait plus de poser la mise de base avant la fin.
| Stratégie | Soirées ruinées | Soirées gagnantes | Solde médian à la fin | Total misé en moyenne | Perte moyenne |
|---|---|---|---|---|---|
| Mise plate | 0,3 % | 34 % | 180 € | 750 € | 20 € |
| Martingale | 53 % | 34 % | 0 € | 1 427 € | 39 € |
| Grande martingale | 68 % | 23 % | 0 € | 1 636 € | 46 € |
| Paroli | 14 % | 37 % | 160 € | 1 222 € | 33 € |
| D'Alembert | 62 % | 29 % | 0 € | 2 009 € | 54 € |
| Fibonacci | 35 % | 43 % | 135 € | 1 214 € | 33 € |
| Labouchère | 84 % | 14 % | 0 € | 2 532 € | 70 € |
| James Bond | 14 % | 8 % | 60 € | 2 983 € | 79 € |
Prenez la dernière colonne et divisez-la par l'avant-dernière, ligne par ligne : vous obtenez 2,7 % à chaque fois, au bruit de la simulation près (de 2,66 à 2,79 % sur les huit lignes). C'est l'espérance de gain qui s'additionne, et le simulateur ne fait rien d'autre que la montrer. La martingale ne perd pas « plus » que la mise plate parce qu'elle serait une mauvaise stratégie ; elle perd plus parce qu'elle fait miser 1 427 € là où la mise plate en fait miser 750. Une mise plate à 10 € au lieu de 5 fait tourner à peu près la même somme, 1 419 €, et perd 39 € en moyenne : c'est, à l'euro près, la martingale à 5 €. Même argent exposé, même perte, deux formes différentes.
Tout le tableau se lit ainsi. Les stratégies ne se distinguent pas par ce qu'elles coûtent par euro misé, mais par combien elles vous font miser et comment elles répartissent la perte entre les soirées. Trois profils en sortent.
Les progressions négatives, martingale, grande martingale, d'Alembert, Fibonacci, Labouchère : on monte après une perte. Elles finissent la soirée gagnantes un peu plus souvent que la mise plate, et elles finissent ruinées la moitié du temps ou plus, parce qu'une seule mauvaise série emporte tout. Leur solde médian est zéro : le soir typique est le soir où on perd tout. Le simulateur de martingale montre ce mécanisme au ralenti, cycle par cycle.
Le Paroli, progression positive : on monte après un gain, avec l'argent de la table. Il finit gagnant plus souvent que toutes les autres sauf Fibonacci, il est ruiné sept fois moins souvent que la martingale, et son solde médian est presque celui de la mise plate. Il coûte quand même 33 € de moyenne contre 20, parce qu'il fait tourner l'argent gagné.
James Bond, la couverture : 100 € sur le tapis à chaque tour pour 5 € d'unité. Il gagne deux tours sur trois, et c'est la stratégie qui finit le moins souvent gagnante de toutes, parce que les tours perdus coûtent vingt unités. Il fait tourner près de 3 000 € en trente tours, et il a payé pour.
Comment se servir du simulateur
Trois exercices, dans cet ordre, valent mieux qu'une heure de lecture.
Lancez la martingale par défaut dix fois. Regardez la courbe : elle monte en escalier régulier, puis elle tombe d'un coup, ou pas. Comptez combien de fois sur dix la soirée finit à zéro. Vous devriez approcher une fois sur deux, et vous verrez que les soirées gagnantes se ressemblent toutes : +30, +40 €, jamais plus. Le profil complet est dans le tableau ci-dessus, le simulateur vous le fait vivre.
Changez de roulette sans rien changer d'autre. Passez en américaine : la ligne du bas double, 5,26 % du total misé. Passez en française : elle est divisée par deux sur les chances simples, 1,35 %, grâce au partage. Aucune stratégie du tableau ne fait bouger la ligne autant que ce seul réglage, et c'est le premier conseil de la page sur les types de roulette.
Comparez les huit, puis divisez la bankroll par deux. Avec 100 € au lieu de 200, les progressions négatives sont ruinées bien plus souvent, la mise plate à peine plus. Puis remontez la bankroll à 1 000 € : la martingale est moins souvent ruinée, mais regardez le total misé grimper, et la perte moyenne avec. Vous aurez compris en trois clics ce que la gestion de bankroll explique en deux mille mots : la bankroll fixe combien de temps vous tenez, pas combien vous perdez.
Ce que les chiffres ne disent pas
Un simulateur montre des courbes, pas des visages. Ce qu'il ne peut pas rendre, c'est ce qu'une soirée à la martingale fait ressentir : trois heures où tout va bien, une confiance qui s'installe, puis quatre minutes. J'ai vu cette scène assez souvent pour savoir qu'aucun tableau ne la remplace. Mais il peut faire une chose que la table ne fait jamais : vous montrer la série de sept avant qu'elle vous arrive avec votre argent. Lancez-le, et quand la courbe tombe, souvenez-vous que ce soir-là, vous étiez à la table.
Et quand vous aurez fini de tester les méthodes, essayez la mise plate à 5 €, 150 tours, dix fois. Elle n'est pas spectaculaire, et elle est la seule des huit dont le soir typique ressemble à sa moyenne : vous repartez avec 180 € sur 200, vous avez joué trois heures, et vous savez exactement ce que ça a coûté. C'est la soirée que je souhaitais aux joueurs que j'aimais bien.
Questions fréquentes
Ce simulateur de roulette est-il gratuit ? Oui, entièrement, sans inscription ni argent réel. Il tourne dans votre navigateur, ne vous demande rien et n'enregistre rien. Il sert à comprendre ce que font les stratégies de mise avant de poser un vrai jeton, pas à jouer.
Le simulateur reproduit-il une vraie roulette ? Il reproduit ses probabilités exactement : 37 cases en européenne et française, 38 en américaine, chaque tour indépendant, règle du partage sur les chances simples françaises, maximum de table. Ce qu'il ne reproduit pas, c'est l'ambiance, et le fait que l'argent soit réel.
Quelle stratégie gagne le plus souvent dans le simulateur ? Aucune ne gagne sur la durée : la perte moyenne vaut 2,7 % du total misé pour toutes, sur une roulette européenne. Celles qui finissent le plus souvent la soirée en positif sont le Fibonacci et le Paroli ; celles qui finissent le plus souvent ruinées sont le Labouchère, la grande martingale et le d'Alembert.
Pourquoi la martingale perd-elle plus que la mise plate ? Parce qu'elle fait miser davantage : 1 427 € en moyenne sur une soirée de 150 tours à 5 € de base, contre 750 € pour la mise plate. Le casino garde 2,7 % de chaque euro misé, quelle que soit la forme de la mise. Plus d'argent sur le tapis, plus de perte.
Peut-on tester sa propre stratégie ? Le simulateur joue les huit stratégies les plus répandues, avec leurs règles standard. Si la vôtre est une variante de l'une d'elles, changez la mise de base, la bankroll ou le maximum de table : ce sont ces trois réglages qui changent le profil d'une progression, pas les détails de la suite de chiffres.
Un simulateur peut-il m'aider à gagner à la roulette ? Il peut vous aider à perdre moins : choisir une roulette à simple zéro avec la règle du partage, préférer une stratégie qui ne vous ruine pas en une série, jouer moins de tours. Il ne peut pas rendre l'espérance positive, parce qu'aucune façon de miser ne le peut.
Pourquoi deux lancements identiques donnent-ils des résultats différents ? Parce que chaque lancement tire de nouveaux numéros au hasard, comme une vraie roulette. Deux soirées avec les mêmes réglages n'ont jamais la même courbe. C'est en relançant dix ou vingt fois, ou en comparant mille soirées d'un coup, qu'on voit ce qu'une stratégie fait en moyenne.
Tableau « 100 000 soirées » : 100 000 sessions simulées par stratégie, roulette européenne, 5 € de mise de base, 200 € de bankroll, 500 € de maximum de table, 150 tours, règles de chaque stratégie telles que décrites dans le tableau précédent ; une progression qui demande une mise refusée par la table ou le solde repart à la mise de base. Perte moyenne = bankroll − solde moyen final. 50 tours par heure est la vitesse retenue sur tout le site pour une roulette de casino. Mise plate à 10 € : mêmes réglages, 20 000 sessions, 1 419 € misés et 39 € de perte moyenne. Mises les plus hautes : martingale 5 × 2⁶ = 320 ; grande martingale 5, 15, 35, 75, 155, 315 ; Fibonacci 5 × 89 = 445 ; d'Alembert et Labouchère plafonnés par la table.
Pour jouer à la roulette sur une table dont les règles sont affichées :
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